Le mode schizo, encore utile aujourd’hui ?

Publié par Le chat solitaire (Skinner) le

Oyez, oyez, braves gens !

Comment allez-vous ? Moi je vais bien. Puis moi aussi. Et aussi moi. Ah, et je crois que je vais aussi bien, moi. Nous allons tous bien !

Comment ça je déraille ? Je crois que vous vous méprenez. Moi aussi d’ailleurs je pense que vous vous méprenez ! Puis moi aussi, en fait. Nous pensons donc que vous vous méprenez !

“Laisse tomber, c’est pas drôle…”

Comment ça ? Nous ne sommes pas drôles ? Ça veut dire que je ne le suis pas ? Et moi non plus ?

“Non, ce n’est pas hilarant, en effet. Le comique de répétition se doit d’être maîtrisé pour faire mouche. Là, tu nous assommes avec tes logorrhées !”

Ah ? Euh… Oh et puis zut, nous… je veux dire : je laisse tomber.

Vous l’aurez peut-être deviné suite à l’expression de mon humour glacé et sophistiqué que nous allons parler de schizophrénie dans le jeu.

Si vous êtes un joueur ou une joueuse solo – et il y a des chances que vous le soyez, si vous naviguez sur mon site -, vous devriez normalement savoir ce que jouer en mode schizo veut dire. Je parle, bien entendu, de jouer seul à un jeu compétitif en contrôlant tous les adversaires.

Par exemple, jouer aux échecs en mode schizo reviendrait à jouer les blancs et les noirs à la fois.

Le genre de parties où on ne peut ni perdre ni gagner, mais tout de même passer du bon temps.

A une époque pas si lointaine, c’était d’ailleurs la pratique la plus répandue pour jouer seul, puisque les jeux avec un mode solo ne couraient pas les rues.

Moi-même, je me souviens que…

“Ça y est, il va encore nous raconter sa vie…”

Ouais ben tu permets que j’illustre un peu mon article ?

Je disais que moi-même, étant chaton – et chaton unique de surcroît -, je passais un temps considérable à jouer tout seul à des jeux qui n’étaient pas faits pour ça.

Il y a eu le Monopoly, les Échecs, la Bonne Paye, Mission Agents Secrets (pas très connu, celui-là), Formule Dé et j’en passe.

Le bonheur de jouer aux petites voitures…
Jedisjeux.net

Et bien entendu, je m’amusais. Ouaip !

En fait, je m’amusais tellement comme ça que pendant une longue période, je n’avais pas envie de jouer avec les autres. Un peu par peur de perdre, c’est vrai, mais aussi pour fuir le manque de contrôle : en jouant seul, on peut revenir en arrière, tenter des manœuvres originales, remanier les règles et tout arrêter si on en a marre.

Bref, plein de petits points qui me destinaient sûrement à devenir un joueur solo.

La suite, vous la connaissez : des jeux jouables en solo ont commencé à paraître. Non pas qu’il n’en existait aucun avant, seulement qu’ils n’étaient pas très visibles. La venue des nouveaux a clairement aidé à instaurer la pratique. J’ai pu poursuivre ma passion sous un niveau bien plus intéressant, puisqu’à présent, il s’agissait de battre le jeu, avec un réel objectif et défi, donc.

Parmi mes premiers jeux solo, on peut trouver Vinci, Ghost Stories, Dungeon Twister Prison, Horreur à Arkham : le jeu de plateau et Zombicide.

Mais tout en m’adonnant à ces nouveaux arrivants, je n’ai pas totalement délaissé les autres jeux multijoueurs. En fait, je continuais à en sortir certains pour me distraire.

Earth Reborn. J’aurais rêvé que ce jeu possède un mode solo…
Orderofgamers.com

C’est cependant en découvrant Mage Knight que ma “carrière” a pris un tournant. Il faut dire que ce monstre m’a fait comprendre que les jeux solo pouvaient être vraiment, mais vraiment biens. Du coup, je n’avais plus de raisons de me ruiner avec des jeux multijoueurs.


Tout ça pour en arriver à la réflexion suivante :

Y a-t-il encore un intérêt à jouer à ses jeux multijoueurs en mode schizo quand on voit la pléthore de jeux solo aujourd’hui ?

La réponse ?

Ben vous savez évidemment que je ne vais pas répondre non, parce que ça ferait un peu fermé d’esprit, et ça serait aussi insultant pour ceux qui aiment l’activité. C’est un peu comme tous ces pignoufs qui nous balancent qu’il n’y aucun intérêt de jouer tout seul, parce que dans “Jeux de société”, il y a “Société”, même si t’as beau leur dire que pour le coup, on suit les anglophones en disant “Jeux de plateau”, ce à quoi ils répondent “Oui… mais voilàààà… c’est triiiiiste quand même d’être tout seuuuul… autant jouer à des jeux vidéooooooos !”.

“C’est moi ou y a-t-il un certain agacement dans tes dires ?”

C’est toi, évidemment. Je ne m’énerve jamais, voyons !

Donc, il y a, bien entendu, encore de l’intérêt à jouer en mode schizo. Les raisons sont aussi nombreuses que d’aimer le catch mexicain et de détester le film Hooligans (non, franchement, j’ai fait l’effort de le regarder deux fois en ouvrant mon esprit, mais je ne lui vois rien de positif).

Mon intérêt à moi, le voici : ça me détend. Je trouve ça agréable de jouer sans la pression de gagner, de tester des trucs et de voir si ça marche.

“C’est vrai ? Ça veut dire que tu joues encore des fois en mode schizo ?”

Bravo Einstein !

Oui, ça m’arrive. Pas souvent, mais de temps en temps, en effet.

En fait, je vais même vous faire un mini-top des jeux multijoueurs auxquels j’aime encore jouer tout seul aujourd’hui.


Les Colons de Catane : le jeu de cartes pour deux joueurs

Un jeu offert par ma maman quand j’avais 9/10 ans.

On connait davantage sa version originale, celle sur un plateau, celle pour 3 joueurs ou plus. D’ailleurs, je risque d’en choquer certains, mais je n’ai jamais joué une fois à cette version.

Quoi qu’il en soit, le jeu de cartes est assez sympa. Il y a quelque chose de dépaysant à développer sa petite colonie sur une île, en amassant des ressources, construisant des villages, enrôlant des chevaliers… Je pense aussi que toutes ces ressources et constructions me rappelaient Age of Empire auquel j’adorais jouer sur PC.

Je joue donc les deux joueurs, sans me prendre la tête. Comme l’interaction est peu directe, ce n’est pas bien compliqué. De temps en temps, je les fais se balancer des tuiles, mais sinon, je les laisse se développer en toute tranquillité.

Lejourjeu.com

7 Wonders

Là, ma façon de le pratiquer est déjà plus soutenue. On pourrait dire que je joue presque de façon scientifique, car je tiens un tableau des plateaux Merveille participant au jeu et de leurs victoires. Un peu comme si je lâchais des souris dans une arène et que j’attendais de voir laquelle survivrait.

“Oh mais non, pourquoi cette image ? Pauvres souris…”

Désolé, mauvais choix, je le reconnais.

Pour résumer, en fait, je sélectionne quatre plateaux Merveille au hasard avant chaque partie, je note leur participation dans le tableau en indiquant laquelle a ensuite gagné. Je tiens des statistiques en somme. Je constate d’ailleurs que certaines triomphent beaucoup alors que d’autres pas du tout. La faute à un déséquilibrage ? Ou peut-être est-ce mon manque d’impartialité.

Quoi qu’il en soit, je projette d’enrichir ce tableau, en tenant à jour par exemple le meilleur score de chaque merveille ainsi que la catégorie dans laquelle elle a scoré le plus de points. Wait and see.

Board Game Family.com

Risk

Ça vous fait rire ?

Vous vous dites qu’un chat de renommée et au physique avantageux comme moi qui s’adonne à des poids lourds ludiques tels que Kingdom Death: Monster, Mage Knight ou Uprising mais qui s’amuse parfois sur de vieux débris comme Risk, c’est ridicule ?

Ben peut-être bien que oui. C’est vrai que malgré son prestige de l’époque, Risk est un jeu qui a vieilli, avec un système de combat minimaliste et des parties qui peuvent durer des plombes.

Et c’est vrai que, autant je ne voudrais pas y jouer à plusieurs, autant je trouve fun de simuler de grosses batailles à quatre joueurs ou plus, juste pour voir quels seront les continents asservis et qui deviendra le maître du monde.

C’est justement la simplicité du jeu qui me permet de savourer ce genre de Battle Royal.

D’ailleurs, mon dernier déménagement m’a obligé à me séparer de ma vieille boîte dont le plateau ne pouvait plus être rangé car impossible à plier.

Du coup, je dois me résoudre à aller…

*soupir*

…en acheter un autre.

Sina’, arrête de te marrer, je t’entends !

“Mais c’est pas moi, c’est K’euroline !”

“Menteur, tu rigoles aussi ! Désolé, le chat, c’est juste que c’est trop mignon de t’imaginer dans le rayon jouets d’une grande surface et repartir avec un Risk en espérant ne croiser personne de ta connaissance, tant tu as honte !”

“C’est un peu comme si le père de Billy Elliot attendait que son fils parte à l’école pour faire de la Zumba dans le salon !”

Oui, je sais, c’est pas toujours simple à assumer.

En fait, cela évoque les plaisirs coupables dont parlait Gus & Co récemment.

Détail intéressant : seul le Risk classique m’intéresse. Je n’ai pas vraiment envie d’une version thématisée. Peut-être Star Wars, à la limite…


Voilà, voilà. Il m’arrive donc de jouer en mode schizo. Mais est-ce que cela fait de moi un schizophrène pour autant ?

“Je ne pense pas. Tu le serais sûrement si… je ne sais pas, tu créais des personnages et les faisais interagir avec toi sur un site internet…”

Ouais, t’as raison, j’ai encore de la marge.


Avant de finir, je me permets de revenir sur le personnage de l’image en début d’article.

Vous l’avez reconnu ? Vous le connaissez ?

Il s’appelle Geri et nous provient tout droit des studios Pixar. Mais vous comprendrez tout en regardant le court-métrage dont il est la vedette, ici ou sur YouTube.


Et nous voici en fin d’article. J’espère que vous aurez passé un moment agréable à le lire.

Bien entendu, Sinatrash, K’euroline, le chat solitaire, le deuxième chat solitaire et moi-même serions curieux de savoir s’il vous arrive aussi de jouer en mode schizo à vos jeux. Alors, partagez cela avec nous dans les commentaires !


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